Ce qui tient, selon moi, c’est l’image de la nuit qui referme ses ciseaux : elle est inattendue et juste. Le « dernier cercle » de la lampe est lui aussi réussi. Ce qui me paraît plus faible, c’est la dernière ligne : elle explique l’atmosphère que les images avaient déjà donnée.
Sur le plan du souffle, les deux premiers vers sont irréguliers mais on les lit sans accroc. Le troisième est un peu long : cela fait sentir la nuit qui s’étire, c’est peut-être voulu. Gardez-le ainsi.
Merci à tous. Je vais essayer sans la dernière ligne. C’était justement celle qui me faisait hésiter.
Et poste la version corrigée, qu’on voie la différence. Voir comment un texte change aide tout le monde.
@Vers libre vivant, voir la différence, oui, pourquoi pas, mais je voudrais d’abord dire un mot sur ce qu’on appelle ici des « vers irréguliers », comme si l’irrégularité était en soi une vertu. Le vers libre a bon dos. On a trop souvent, sous couvert de liberté, renoncé à toute mesure, et c’est dommage, car la contrainte, enfin, la vraie, celle qui compte les syllabes et pèse chaque virgule, c’est elle qui révèle un poète. Racine n’a pas attendu le vers libre pour faire pleurer.
Cela dit, je ne nie pas que l’image de la nuit qui referme ses ciseaux soit belle : elle l’est. Mais « dernier cercle » me chiffonne un peu, Mademoiselle Débutante_timide : un cercle ne se « rend » pas, il s’éteint, il se referme, il pâlit. Le verbe « rendre » appelle un complément d’attribution, c’est un tic de la langue courante qui s’est glissé là sans qu’on y pense. Rien de grave, mais en poésie on ne laisse rien « sans qu’on y pense » : chaque mot doit être pesé comme une pièce d’or, pas jeté comme de la monnaie.
Pour la version corrigée demandée par Vers libre vivant : oui, postez-la, et je regarderai la ponctuation autant que le sens, si vous le permettez.