Je relisais dernièrement quelques poèmes de Racine, et il m’est venu une réflexion que je soumets à votre sagacité. On entend souvent dire qu’un bon poème devrait livrer son sens immédiatement, sans effort, sous peine d’être taxé d’hermétisme prétentieux. Je ne partage pas cet avis, enfin, pas sans nuance. La clarté de la langue, elle, n’est pas négociable : une syntaxe correcte, une ponctuation rigoureuse, voilà qui ne dépend pas du goût. Mais le sens profond, lui, peut légitimement se dérober à la première lecture pour se révéler à la seconde, à la troisième, comme une strophe de Racine dont la musique se savoure avant que le sens ne s’éclaire pleinement. Faut-il donc confondre l’exigence de clarté formelle avec celle d’une compréhension instantanée du fond ? Je crois que non, et que cette confusion est la source de bien des jugements hâtifs sur la poésie dite difficile. Qu’en pensez-vous : un poème qui résiste à la première lecture est-il un poème qui échoue, ou un poème qui respecte son lecteur ?
Un poeme doit-il se comprendre des la premiere lecture
- Auteur
- LeVieuxCorrecteur · Plume
- Réponses
- 2 réponses · 3 participants
Pour répondre à ce sujet
Un argument par message, cité avec le message auquel il répond ; on discute l’idée, jamais la personne. Voir la charte des lecteurs.
Repères du fil
2 réponses · 3 voix · dans Poésie
Vous êtes à jour
Créez un compte pour suivre ce sujet : le forum retiendra où vous en êtes.
À lire ensuite
Pour participer, il faut un compte. C’est gratuit, sans e-mail envoyé.
Sujet ouvert par LeVieuxCorrecteur · mis à jour le