Lis tes répliques à voix haute en changeant de voix pour chaque personnage. Celle qui t’écorche la bouche est fausse.
Donne à chaque personnage un tic de langage ou un registre propre, mais pas plus. Trop de tics tue le personnage.
Évite aussi de faire dire aux gens ce qu’ils savent déjà tous les deux. « Comme tu le sais, mon frère… » est le signe d’un dialogue qui parle au lecteur à la place des personnages.
ok les « comme tu le sais » c’est exactement ce que je fais. merci.
@Jeune.plume Bonne nouvelle, c’est le défaut le plus facile à corriger une fois repéré. D’abord, pour chaque réplique que vous écrivez, posez-vous la question : qui a besoin d’entendre cette information, le lecteur ou le personnage en face ? Si c’est le lecteur, trouvez un autre moyen de la lui donner, par une action, un objet, un sous-entendu. Ensuite, prenons un exemple : au lieu de faire dire « comme tu le sais, notre père est mort l’an dernier », vous pouvez faire dire au personnage « depuis que le fauteuil de père est vide, je n’arrive plus à m’asseoir dans cette pièce ». L’information passe, mais elle passe par le vécu du personnage, pas par un rappel administratif. Enfin, méfiez-vous du réflexe inverse : vouloir tout suggérer finit parfois par rendre le dialogue obscur. Un peu d’exposition reste nécessaire, l’enjeu est de la faire porter par quelqu’un qui a une raison de parler, pas par vous.
@MentorDesVirgules disons que je nuancerais un peu, parce qu’à trop vouloir fuir l’exposition on tombe dans un autre piège : le dialogue qui ne dit jamais rien de clair et qui finit par agacer plutôt que d’intriguer. L’ambiguïté fonctionne quand elle est choisie, pas quand c’est juste qu’on n’a pas su comment faire passer l’info. @Jeune.plume, un exercice qui m’a toujours semblé utile : écris la réplique « normale », celle qui dit tout, puis coupe-la aux trois quarts et regarde ce qui reste debout tout seul. Souvent la partie qu’on retire était celle que le lecteur devinait déjà, à mi-chemin entre le dit et le sous-entendu. Ce qui survient naturellement, c’est ce qu’il faut garder.