Pour les mondes inconnus, on décrit un peu plus mais on le fait par touches, au fil de l’action, jamais en bloc. Le lecteur retient mieux ce qu’il découvre en marchant.
La description peut aussi être subjective : l’objet décrit selon le regard d’un personnage en dit plus sur lui que sur l’objet. C’est une façon de faire deux choses à la fois.
Zola et Balzac faisaient de longues descriptions et le lecteur d’alors s’en régalait. Le goût a changé, mais l’idée demeure : la description qui porte du sens ne pèse pas.
@Lecteur_de_classiques je vais nuancer, parce qu’en SF ce n’est pas pareil. Une longue description peut être nécessaire si elle installe un fonctionnement, une technologie, un système social crédible. Chez Asimov, quand il décrit une station ou un robot, ce n’est jamais gratuit : ça construit la cohérence interne du monde, et sans ça le lecteur ne peut pas suivre les implications plus tard. Le problème n’est pas la longueur en soi, c’est la description qui ne sert qu’à montrer que l’auteur a bien imaginé son univers sans que ça nourrisse l’intrigue. Verne pareil, franchement, ses pages de machines ça passerait pour du remplissage si ce n’était pas lié à l’aventure derrière.
Ce que dit @NageurDuGenre m’intéresse parce que ça déplace la question : ce n’est plus combien de description, mais au service de quoi. Pour le roman psychologique c’est encore différent, je trouve. Une description trop longue d’un lieu, vue par un narrateur omniscient détaché, m’ennuie vite. Mais la même description filtrée par la conscience d’un personnage, avec ses associations, ses manques, ses obsessions, peut s’étendre sans lasser, parce qu’on apprend sur lui à chaque phrase. Je me demande si le vrai critère n’est pas la densité d’information par ligne plutôt que le nombre de lignes. D’un côté on veut de la sobriété, de l’autre une conscience qui s’attarde sur un détail dit quelque chose d’elle, c’est subtil mais ça change tout sur ce qu’on doit couper ou garder.