Prononce chaque nom à voix haute dix fois de suite. S’il t’écorche la bouche, le lecteur trébuchera aussi. Évite aussi les noms trop proches entre eux.
Les apostrophes et les tirets multipliés sont un signe de fantasy fabriquée. Une ou deux, bien placées, pas plus.
On peut aussi s’inspirer de vraies racines : un nom qui évoque une langue ancienne, un mot déformé. Le lecteur ressent la profondeur sans pouvoir l’expliquer.
@Lecteur_de_classiques, je suis d’accord sur le principe mais j’irais plus loin : pour moi la racine ne doit pas juste sonner profonde, elle doit être justifiable dans l’univers. Trois points. 1) Si un nom vient d’une déformation phonétique, il faut que cette langue ancienne ait existé dans ta chronologie, même en arrière-plan. 2) Les toponymes doivent raconter un relief ou une fonction, genre un nom de ville qui dérive du mot local pour port ou pour gué. 3) Une fois la racine choisie, applique une règle de déformation constante dans toute la carte, sinon tu auras un patchwork incohérent. L’intuition suffit pour un nom isolé, mais sur cinquante toponymes elle s’effondre.
Je me demande si à trop vouloir justifier chaque racine on ne perd pas un peu de la musique spontanée du nom. @EncreFroide ta méthode me semble rigoureuse, mais sans certitude, j’ai l’impression que certains des plus beaux noms inventés viennent justement d’une sonorité qui a séduit l’auteur avant d’avoir un sens. Après coup seulement on invente l’étymologie, un peu comme on invente une légende à un mot qu’on aime dire.
Dans le polar on a moins ce souci, les noms restent ancrés dans le réel, mais je retiens une chose de cette discussion : un nom mal choisi casse la lenteur d’une scène aussi sûrement qu’une phrase trop longue. Si le lecteur doit s’arrêter pour déchiffrer, la tension retombe. Point d’ironie. Alors qu’un nom simple, presque transparent, laisse l’attention où elle doit être, sur ce qui se passe, pas sur ce qu’on lit.