Écris d’abord, bâtis ensuite. Tu sauras ce qu’il te faut en écrivant. Beaucoup de préparation finit à la poubelle.
Quelques traits suffisent pour un monde : trois ou quatre éléments qui le distinguent. Le reste, tu l’inventeras en chemin, et tu auras le plaisir de la découverte.
Il est utile d’observer que bien des mondes fameux se sont enrichis au fil de l’écriture. Une carte tracée d’avance n’empêche pas de la corriger.
ok donc je commence et je dessine la carte quand j’en ai besoin. ça me va.
@Jeune.plume bonne décision. D’ailleurs si tu publies au fur et à mesure, tu verras que la carte se dessine naturellement entre deux épisodes, le temps que les lecteurs réagissent. C’est même un excellent exercice de rythme, publier par morceaux t’oblige à trancher vite au lieu de peaufiner le monde pendant des mois. La suite au prochain chapitre, comme on dit, et ça te tient en haleine toi aussi.
Franchement, tant mieux si tu lâches la carte pour te mettre à écrire tout de suite. Le pire piège de ces univers hyper construits c’est qu’on finit avec un monde aseptisé, plein de règles bien propres, et ça tue tout ce qui pourrait déranger. Si ton histoire a besoin d’un coin sombre, d’une créature qui n’a pas de sens géographique ni logique de civilisation, ose, ne te censure pas pour faire coller à ta carte imaginaire. Le monde doit servir le malaise, pas l’inverse.
Le débat mérite qu’on distingue deux niveaux d’analyse. Il y a la genèse du texte, c’est-à-dire la méthode de travail de l’auteur, et il y a le texte lui-même, tel qu’il se présente au lecteur. Que la carte soit tracée avant ou après l’écriture n’a aucune incidence sur la valeur de l’œuvre finale : un roman ne se juge pas à l’aune du processus qui l’a produit, mais à la cohérence interne qu’il déploie sous les yeux du lecteur. Lecteur_de_classiques le note justement en [0:5] indirectement : de grands mondes se sont enrichis en cours de route sans que cela se voie à la lecture. Ce qui compte, pour reprendre un concept cher à Barthes, c’est l’effet de réel produit par le texte, non la vérité biographique de sa fabrication. @Jeune.plume vous avez donc raison de vous libérer de cette contrainte, à condition de rester vigilant sur la cohérence que le lecteur percevra, elle, après coup.