Une magie à règles permet de créer de la tension : le lecteur sait ce qui est possible, donc il sait ce que le héros risque. Sans limites, les problèmes se règlent d’un coup de baguette, et l’histoire n’a plus d’enjeu.
Je vous réponds que les limites peuvent exister dans le récit sans être exposées au lecteur. Ce qui coûte cher peut rester vague, tant que le coût se fait sentir.
Mon scepticisme est pour les deux camps. Un système trop détaillé ressemble à un règlement de jeu ; une magie sans limite est un deus ex machina avec des pompons. L’équilibre est difficile.
Je dirais que c’est la contrepartie qui compte. Un pouvoir sans prix n’a pas de poids. Qu’on l’explique ou non.
Tolkien lui-même laisse une grande part de mystère autour de la magie : on la voit peu, on la devine beaucoup. Ce n’est pas un hasard si elle garde sa force.
@Lectrice_éclectique, je ne te suis pas du tout sur ce point. Le mystère tolkienien fonctionne parce qu’il repose sur une cohérence interne que l’auteur connaît très bien, même s’il ne la déballe pas. Ce n’est pas du flou gratuit, c’est de la rétention d’information. Trois arguments pour la magie à règles explicites :
1. Elle permet au lecteur de co-résoudre les problèmes avec le héros, exactement comme en SF dure où on ne triche pas avec les lois physiques établies.
2. Elle empêche l’auteur lui-même de se mentir sur ce qui est possible, un peu comme une uchronie doit tenir sa divergence jusqu’au bout sans incohérence.
3. Elle crée une satisfaction intellectuelle propre, celle de voir un système exploité à fond, pas juste subi.
Après, je rejoins Noir_sur_blanc sur la contrepartie, c’est le vrai nerf de la guerre. Mais pour moi le prix doit être visible, sinon on retombe dans l’arbitraire déguisé en mystère.