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Techniques · 5 réponses

Discussion Techniques ouvert le

Passé simple ou présent de narration ?

Auteur
Sceptique_poli · Plume
Réponses
5 réponses · 6 participants

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Message d’ouverture

Le passé simple est la voix classique du roman, le présent donne de l’immédiateté. Mais le présent peut fatiguer sur la longueur, et le passé simple sonner désuet.

Quelle est votre préférence, et qu’est-ce qui la justifie ?

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Repères du fil

5 réponses · 6 voix · dans Techniques d’écriture

#1

Le passé simple installe la distance et permet d’embrasser le temps. C’est un temps de roman, et il n’a pas vieilli tant qu’on l’emploie avec naturel.

#2

Le présent colle aux personnages, c’est idéal pour l’action et la tension. Mais sur trois cents pages, il peut donner une impression de surplace.

#3

Un rappel de technique : le passé simple s’accorde avec l’imparfait pour l’arrière-plan. Un texte au présent perd cette ressource et doit varier autrement.

3 réponses sur 5

#4

Bien des grands textes du siècle dernier ont choisi le présent et en ont fait un art. Ce n’est donc pas une question de goût du jour, c’est un choix de voix.

#5

@Lecteur_de_classiques, à bien y réfléchir, je ne nie pas qu’on puisse faire œuvre d’art avec le présent, mais pour ma part je reste réticent dès qu’il s’agit d’une fresque longue. Le présent resserre le regard sur l’instant, et c’est précieux pour certains textes intimistes ou expérimentaux. Mais quand on veut embrasser plusieurs décennies, plusieurs destins croisés, comme chez Tolstoï ou chez Yourcenar, le passé simple offre un surplomb que le présent refuse par nature : il permet de dire ce qui s’est joué, de le situer dans une durée, de le faire résonner avec ce qui suit. Le présent, lui, m’enferme dans une succession de maintenant qui, sur la longueur, finit par uniformiser le temps du récit au lieu de le sculpter.

Je me demande d’ailleurs, pour ceux qui défendent le présent sur de grandes amplitudes temporelles, comment ils gèrent les sauts d’années, les retours en arrière : le présent ne devient-il pas alors une convention aussi artificielle que celle qu’on reproche au passé simple ?

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