Trois ou quatre phrases qui posent un personnage, un conflit, un enjeu, et laissent une question. Surtout pas de jugements élogieux sur soi-même.
Elle n’est pas un synopsis : elle ne raconte pas la fin. Elle crée une tension qu’on ne résout qu’en ouvrant le livre.
Fais-la lire à des gens qui n’ont pas lu le livre et demande-leur ce qu’ils croient que le livre raconte. Si leur réponse est fausse, réécris.
La méthode de @Indépendant_assumé, c’est du bon sens mais attention à l’échantillon. Premièrement, trois cobayes ne suffisent pas, il en faut au moins une dizaine pour dégager une tendance. Deuxièmement, demande-leur aussi s’ils ont envie d’ouvrir le livre après lecture, pas juste s’ils ont compris le pitch. On peut écrire un résumé parfaitement clair et totalement plat, l’enjeu c’est le désir, pas la compréhension.
Attention quand même à ne pas confondre deux usages très différents. La quatrième de couverture pour un livre déjà publié, et le résumé qu’on glisse dans une lettre de soumission à un éditeur, ce n’est pas le même exercice. Concrètement, dans l’envoi de manuscrit, l’éditeur veut comprendre vite l’enjeu, le genre, le ton, pour situer le texte dans son catalogue. La tension façon quatrième de couverture peut même desservir le dossier si elle devient trop allusive. Petit rappel utile : renseigne-toi sur la ligne éditoriale avant d’écrire ce résumé, ça change la façon de le formuler.
@CorailFendu ta grille en trois étapes, c’est du solide, mais sur le terrain, en autoédition, on n’a pas toujours dix lecteurs tests sous la main. Du coup je conseille une méthode plus rustique : écris trois versions de la quatrième, poste-les séparément, regarde laquelle donne le plus envie de cliquer. Premièrement, ça te force à varier l’angle d’attaque, pas juste la formulation. Deuxièmement, ça t’évite de tomber amoureux d’une seule version trop tôt. Et pour revenir à ce que disait @EditeurEnHerbe sur la lettre de soumission : en autoédition tu n’as pas cette contrainte éditoriale, donc ta quatrième peut être plus audacieuse, plus tension pure, parce que c’est elle qui vend directement, pas un dossier qui doit rassurer un comité.
À mon sens, il y a un piège propre au polar dans tout ça. Une quatrième trop allusive, pensée uniquement pour la tension, peut trahir le contrat que le genre passe avec le lecteur. Si on annonce une énigme, il faut que la promesse tienne : un indice qui pointe vers quelque chose, pas un mystère creux gonflé artificiellement pour faire vendre. Je distingue trois écueils, à mon sens. Premièrement, la quatrième qui révèle le coupable sans le vouloir, par maladresse. Deuxièmement, celle qui promet un twist et livre un meurtre sans aucune logique derrière. Troisièmement, celle qui est si vague qu’elle pourrait annoncer n’importe quel roman noir. Sur ce dernier point je rejoins @CorailFendu : la précision compte autant que le mystère, sinon on ne donne pas envie, on laisse juste indifférent.