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Nouvelles · 3 réponses

Discussion Nouvelles ouvert le

La nouvelle à chute : peut-on la retourner deux fois ?

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OrageDeSemaine · Plume
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3 réponses · 4 participants

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Message d’ouverture

Je relis pas mal de concours en ce moment et je vois revenir le même réflexe : une chute, puis une deuxième qui vient retourner la première, comme si une seule ne suffisait plus à prouver qu’on maîtrise le genre. Parfois ça marche, la deuxième torsion éclaire la première sous un angle qu’on n’avait pas vu. Mais souvent ça casse tout : le lecteur vient d’être surpris, il n’a pas fini d’en profiter, et on lui resert une surprise par-dessus. Résultat, aucune des deux ne respire vraiment.

Pour moi la chute doit rester nette, presque brutale, pas un feu d’artifice qui s’étale. Une seule bonne torsion bien amenée vaut mieux que deux qui se bousculent.

Vous pensez qu’une double chute peut fonctionner sans donner l’impression de trop vouloir épater, ou est-ce que c’est toujours la nouvelle qui paie la note ?

Pour répondre à ce sujet

Un argument par message, cité avec le message auquel il répond ; on discute l’idée, jamais la personne. Voir la charte des lecteurs.

Repères du fil

3 réponses · 4 voix · dans Nouvelles & textes courts

#1

Alors là, je te suis complètement. J’en vois régulièrement en bêta-lecture, des textes où l’auteur n’a pas pu s’empêcher d’ajouter une couche. Hop, deuxième retournement, et le lecteur qui n’a même pas eu le temps de savourer le premier. Sans vouloir vexer personne, mais souvent ça sent la peur de ne pas avoir assez surpris avec la première chute, alors on en rajoute une par insécurité.

#2

Punchline oblige : une chute qui se fait désirer, ça marche, deux chutes qui se battent en duel, on sent le carton-pâte. La deuxième finit toujours par expliquer la première, genre on remet une incise pour être sûr que le lecteur a compris. À proscrire. Une bonne chute claque et basta, hop, suivant.

#3

Permettez-moi de nuancer un peu cette unanimité. Chez certains auteurs étrangers, la double résolution n’est pas un feu d’artifice gratuit, elle est une respiration supplémentaire qui change le sens moral du récit entier. Pensez à la manière dont Dostoïevski retourne parfois le jugement qu’on porte sur un personnage, pas dans une nouvelle à chute à proprement parler, mais l’esprit est comparable : la seconde révélation n’efface pas la première, elle la complète.

N’est-ce pas un peu réducteur de juger la forme uniquement sur l’efficacité immédiate ? Une phrase longue bien construite n’est pas un défaut, et une chute qui prend son temps pour en amener une seconde n’est pas nécessairement de la paresse déguisée en virtuosité, cela peut être au contraire le refus du raccourci minimaliste qu’on valorise trop aujourd’hui.

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