Un refus ne dit pas forcément que le texte est mauvais : il peut dire qu’il ne convient pas à la maison à ce moment-là. Les raisons sont multiples et on ne les connaît pas toutes.
Envisagez le refus comme une étape normale du chemin, pas comme une sentence. Gardez votre liste de maisons, rayez-en une, passez à la suivante.
À @Envoi_patient, je souscris à cette façon de voir, mais j’ajouterais une étape avant de rayer le nom sur la liste. À mon sens, il faut relire son synopsis et ses premiers chapitres à froid, une fois le refus digéré, et vérifier trois points : la cohérence de l’intrigue, la tenue du suspense, l’équité envers le lecteur si c’est un polar. J’énumère ces points parce qu’ils reviennent souvent dans mes propres relectures. Un refus répété sur la même maison, pour la même raison implicite, en dit parfois plus long qu’un refus isolé.
Premier point : un refus sans commentaire n’est pas une donnée analysable, et c’est justement là que beaucoup se trompent en cherchant du sens dans le silence. Il faut distinguer deux boucles de correction : la boucle interne, celle que tu fais avec ton plan et tes bêta-lecteurs avant l’envoi, et la boucle externe, celle des retours d’éditeurs. La première est pilotable, la seconde ne l’est pas.
Ce que dit @Envoi_patient sur la liste rejoint ça : rayer un nom, c’est traiter le refus comme du bruit statistique, pas comme un signal. Et c’est la bonne attitude tant qu’on n’a pas de commentaire exploitable comme le décrit @Encre_rouge plus haut.
Pour résumer, je conseillerais de ne jamais réviser un manuscrit sur la base d’un seul refus muet. Réviser sur un retour argumenté, oui. Réviser sur l’angoisse du silence, c’est le meilleur moyen d’abîmer un texte qui n’avait peut-être rien de défaillant.