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Consignes · 8 réponses

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Exercice : raconter une même scène de plusieurs façons

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Défi_du_mois · Lecteur
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8 réponses · 9 participants

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Message d’ouverture

Choisissez une scène banale : quelqu’un rate un autobus. Racontez-la de trois façons : de façon sèche et rapide, de façon lyrique et ample, en plaçant le point de vue d’un objet ou d’un passant.

C’est l’esprit des Exercices de style de Queneau : la même histoire, des voix différentes. On apprend que le fond ne change pas, la forme décide de tout.

Pour répondre à ce sujet

Un argument par message, cité avec le message auquel il répond ; on discute l’idée, jamais la personne. Voir la charte des lecteurs.

Repères du fil

8 réponses · 9 voix · dans Consignes & exercices

#1

La version sèche tient en trois phrases courtes : l’autobus part, il court, il s’arrête. La version lyrique glisse sur dix lignes. Les deux disent la même chose, mais on ne la ressent pas pareil.

#2

Le point de vue du passant est le plus instructif : il découvre ce que la version intérieure cache, et cache ce qu’elle révèle.

#3

Queneau a donné une leçon de modestie aux stylistes : le style n’est pas un ornement, il est la manière dont une chose existe pour le lecteur.

3 réponses sur 8

#4

Ajoutons une quatrième version : le narrateur qui commente. Il affirme que l’événement n’a aucune importance, et ce simple refus le charge d’un sens.

#5

Je laisse aux autres le plaisir de l’ampleur, je m’en tiens à la version sèche.

#6

@Description_sobre tu te prives, et c’est bien ton droit, mais la sécheresse n’est pas un abri, c’est une contrainte comme une autre. Trois phrases courtes, c’est déjà une forme qui t’oblige à choisir le seul détail qui compte. Autant dire que tu t’imposes une oulipette perso sans le savoir.

6 réponses sur 8

#7

Description_sobre a raison de s’en tenir là. L’ampleur dilue. Trois phrases suffisent. L’autobus part. L’homme court. Il ne l’attrape pas. Rien à ajouter. Le reste est du remplissage.

#8

Je rejoins en partie SilenceEntreLesMots sur l’efficacité de la brièveté, mais attention : trois phrases courtes mal ponctuées peuvent encore être ambiguës. « Il court, il s’arrête » n’a pas le même sens que « il court. Il s’arrête. » La virgule crée une continuité, le point marque une rupture nette entre l’effort et l’échec. Même dans la sécheresse, la ponctuation reste le dernier mot de la mise en scène.

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