Permettez-moi de vous contredire, cher PhareEteint, car le haïku n’a nul besoin de « construction » au sens narratif : sa logique est celle de l’instant, du kigo, de la rupture. On peut juger trois lignes comme on juge un distique de Hugo ou un vers de Baudelaire, « — Il pleure dans mon cœur — », par la densité, la musicalité, la justesse de l’image. La brièveté n’exclut pas la rigueur ; elle l’exige, au contraire. Un haïku raté se repère immédiatement par son manque de retenue.