La remarque de Page_blanche_amie me paraît d’une grande justesse, car elle déplace le débat du procédé vers la personne, ce qui est, me semble-t-il, la seule façon raisonnable de trancher une question qui n’admet pas de réponse universelle. Je dirais cependant, pour nuancer ce qu’avance EpineDeRonce, qu’il existe une différence essentielle entre retenir sa plume par peur de déplaire et la retenir par souci de construction : celui qui laisse filer sans jamais se retourner sur sa phrase risque, non pas la censure, mais l’appauvrissement progressif d’un style qui se délite faute d’être jamais interrogé. Relire, même en cours de route, n’est pas nécessairement se corriger par timidité ; c’est parfois simplement prêter l’oreille à la musique de sa propre prose, exercice que je recommande volontiers même au cœur du premier jet.
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