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Accueil › Forums › Le roman › Le prix de l’échec : votre roman en a-t-il vraiment un ? › Re: Le prix de l’échec : votre roman en a-t-il vraiment un ?

#2

La question posée ici rejoint, me semble-t-il, ce que les tragiques classiques avaient parfaitement compris. Racine ne laisse jamais planer le doute sur ce que ses personnages risquent de perdre — honneur, amour, trône, vie — et c’est précisément cette clarté qui donne à l’action sa tension, « dans l’orient désert quel devint mon ennui ». L’épopée procède de même : chez Homère, l’enjeu d’Achille est nommé, pesé, presque comptable. Je dirais, pour reprendre les termes de LeVieuxCorrecteur, que le flou contemporain sur le prix de l’échec vient souvent d’une structure trop lâche — on écrit au fil de l’inspiration sans avoir, au préalable, architecturé l’enjeu comme on bâtirait un sonnet, où chaque pied compte. La forme fixe oblige à cette rigueur ; le roman sans plan la perd trop facilement.