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Accueil › Forums › Littératures de l’imaginaire › Le fantastique vit-il de l’hésitation ? › Re: Le fantastique vit-il de l’hésitation ?

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La distinction de Mondes_bâtis me paraît juste mais insuffisante : elle décrit un dispositif, pas une raison d’être du genre. Si l’on y regarde bien, ce n’est pas anodin que le fantastique choisisse notre monde comme terrain de fissure plutôt qu’un monde inventé. C’est que le genre a besoin d’un cadre social reconnaissable pour que la fissure ait du poids. Chez Maupassant, le fantastique fonctionne parce que la société qu’il décrit est d’abord crédible, documentée, presque sociologique ; la peur naît du contraste avec ce socle, pas de l’hésitation seule. Un fantôme qui apparaît dans un décor flou ou incohérent ne fait rien ressentir, hésitation ou pas.

C’est pourquoi je trouve discutable l’idée, défendue plus haut par Magie.floue, que le doute suffirait à produire l’effet. Le doute sans assise construite retombe vite en gadget narratif. Et c’est aussi pourquoi, en science-fiction, je refuse qu’on sacrifie la cohérence au nom du suspense ou du twist : une anticipation qui ne pense pas sérieusement ses mécanismes sociaux ou techniques perd sa force de fissure, exactement comme un fantastique mal ancré dans le réel perd la sienne. L’intrigue prime, oui, mais elle ne tient que si le monde qui la porte est pensé jusqu’au bout, pas décoratif.