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Accueil › Forums › Littératures de l’imaginaire › Dragons, elfes, nains : peut-on encore les employer ? › Re: Dragons, elfes, nains : peut-on encore les employer ?

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Magie.floue écrit que faire les créatures différentes de l’attente suffit à avoir fait son travail. Je ne vous suis pas entièrement. La surprise seule, sans assise, ne vaut guère mieux que la convention qu’elle prétend défier. Comme l’écrivait déjà Montaigne, il ne suffit pas d’être autre, il faut être vrai, c’est-à-dire cohérent avec ce qu’on a posé.

On pourrait objecter que la nouveauté est elle-même une forme de vérité pour le lecteur moderne, fatigué des archétypes. Je veux bien l’admettre en partie. Mais un dragon rendu méconnaissable par simple souci de surprendre, sans que cette altération serve le dessein de l’œuvre, n’est qu’un artifice de plus, aussi vain que le cliché qu’il remplace.

@Mondes_bâtis a, me semble-t-il, posé la seule question qui vaille : ce que mange le dragon, où il loge, ce qu’il coûte. C’est la discipline du détail concret, non l’inventivité pour elle-même, qui donne chair à ces figures. Hugo réinventait sans cesse le merveilleux, mais jamais sans l’ancrer dans une logique morale et sociale précise. Voilà, à mon sens, ce qui distingue l’originalité féconde de la simple fantaisie décorative.