Montrer_plutôt, je vous suis en partie, mais pas entièrement. Le « montrer » a bon dos : à force de vouloir tout faire deviner par l’action, on finit par écrire des personnages qui n’ont plus de vie intérieure articulée, seulement des gestes. Or la pensée n’est pas toujours réductible à un geste, enfin, pas chez les grands romanciers. Flaubert, précisément, use du discours indirect libre sans jamais renoncer à nommer ce qui se pense, parfois avec un verbe, parfois sans. Ce n’est pas le verbe introducteur qui ralentit, c’est le mauvais verbe, répété, placé n’importe où dans la phrase. « Il pensa que », posé en tête de phrase trois fois par page, use le lecteur ; « pensa-t-il », en incise, ne gêne personne. La règle n’est donc pas de bannir, mais de doser. Quant à Point_de_vue_mobile, j’ajoute une précision technique que je trouve trop souvent négligée : le discours indirect libre exige une cohérence stricte des temps et des pronoms avec le reste de la narration, faute de quoi le lecteur ne sait plus s’il lit une pensée ou un fait. C’est un outil rigoureux, pas un flou artistique.