Je lis avec intérêt cette discussion sur l’exposition, mais je ne suis pas certain que le problème se limite à la quantité d’information livrée au début. Jadis on prenait le temps, chez Tolstoï comme chez Mann, de poser un monde par couches successives, sur des centaines de pages, sans que cela fût perçu comme un défaut de rythme. Aujourd’hui on exige que tout commence par l’action, comme si l’attention du lecteur ne pouvait tolérer qu’on s’installe. Non, laissons cela, je ne suis pas certain que cette exigence serve toujours le roman : parfois la leçon patiente, bien écrite, vaut mieux que l’action précipitée qui fait illusion de rythme sans construire réellement le monde qu’elle prétend révéler.
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