Il me semble que la métaphore de Jardinier_nocturne cache une idée fausse, celle qu’un texte qui se dilue aurait échoué. Mais il arrive qu’une nouvelle ait simplement besoin de respirer, et que cette dilution soit en réalité le signe qu’elle appelait depuis le début une temporalité plus large, des silences, des retours en arrière. On parle beaucoup ici de conflit à résoudre, d’obstacles à franchir, comme si le roman n’était qu’une nouvelle étirée par accumulation d’épreuves. Mais il y a une autre façon de grandir, qui n’ajoute pas des étapes mais approfondit les mêmes instants, les fait vibrer plus longtemps. Un texte qui s’attarde sur un regard, une attente, une chambre vide, n’est pas forcément un texte qui a raté sa chute, c’est peut-être un texte qui a compris que la chute n’était pas son véritable sujet.