Permettez-moi un détour, puisque CorailFendu parle de distinguer le fond et la forme. Dans le roman historique, il existe une troisième chose qu’on néglige trop souvent sous couvert de « forme » et qui est en réalité du fond déguisé : la justesse du détail documentaire. Une mise en page irréprochable n’excuse rien si, à la relecture, un éditeur tombe sur une pendule à cheminée dans un intérieur où elle n’a rien à faire, ou sur un dialogue qui sonne comme une conversation de couloir d’aujourd’hui transposée sans effort. La recherche doit précéder l’écriture, pas la suivre en rattrapage. Pour le dialogue d’époque, je rejoins ce qui a été dit sur la ponctuation : il faut une vigilance comparable sur la langue elle-même, qui doit suggérer l’époque sans devenir un pensum pour le lecteur. On ne vise pas l’exactitude d’un traité, on vise la vraisemblance. C’est un équilibre patient, qui se travaille avant la première page, et qui compte, à mon sens, autant que les marges et l’interligne pour donner confiance à qui nous lit.
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