Je vous lis tous avec intérêt, mais je trouve qu’on parle beaucoup de vitesse et de reconnaissance immédiate, comme si c’était la seule vertu. Un personnage peut aussi se révéler lentement, au fil de scènes qui ne cherchent pas à frapper d’emblée. Giono laissait ses personnages secondaires exister par le paysage qu’ils traversaient plus que par une réplique marquante. À mon sens, dix personnages ne posent problème que si le roman veut aller vite partout ; si on laisse le temps au texte, le lecteur les apprend comme on apprend des gens, doucement.